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Ainsi soient-elles ? - Extraits

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Acte I – Naïveté Angélique

Une table, un banc, deux chaises – de quoi asseoir au moins 5 personnes et que tous soient visibles des spectateurs.

Un coffre en bois pouvant contenir une sœur, avec dedans une nappe blanche très simple. Dessus, un chandelier avec ses bougies ou cierges.

Il y a deux entrées à la pièce, qui donnent dans le couloir, une autre pièce, ailleurs, peu importe. On entre ou sort de cette salle indifféremment d’un côté ou de l’autre.

1.

Les sœurs Brunhilde, Dalmasine et Elédéanne entrent en discutant, contentes.

Dalmasine : C’était une belle messe… Vraiment… Et puis le sermon du curé ! Je l’ai trouvé très beau.

Elédéanne : Ah ! Oui, moi aussi. C’est sa nouvelle coupe, ça le rajeunit…

Dalmasine : Je parlais du sermon, sœur Elédéanne…

Elédéanne : Ah ! Oui, pardon… Là, par contre, ça aurait mérité une bonne coupe…

Brunhilde : Il… Il ne vous a pas semblé qu’il me regardait avec insistance ?

Elédéanne : On était vingt-quatre dans l’église… Forcément, il nous regarde plus souvent que si on était deux cents…

Brunhilde : Oui… Ça doit être ça… Vous raison, sœur Elédéanne. Je dois me faire des idées…

Elédéanne : Ravi que vous vous en aperceviez, sœur Brunhilde…

Dalmasine : En tout cas, cette messe m’a beaucoup plue…

Brunhilde : Les hosties étaient un peu dures, vous n’avez pas trouvé ?

Elédéanne : Ah ! Ça ! On voit que le Christ était un grand sec… Pas un gramme de graisse dans le corps du Christ…

Dalmasine : Sœur Elédéanne !

Elédéanne : Je dis ça, ce n’est pas méchant… Mais il aurait eu du cholestérol, on aurait eu des bonbons à la messe…

Dalmasine se signe.

Brunhilde : Ce que je veux dire, c’est… On aurait dit qu’elles étaient rassises… Comme si elles étaient périmées. Et ne me dîtes pas que c’est normal car le Christ a deux mille ans !

Elédéanne : C’est peut-être pour illustrer son sermon, comme quoi il faut aimer les vieux… Comprenez l’astuce ?

Brunhilde : J’espère que ça ne me rendra pas malade !

Dalmasine : Mais non, voyons… Christ est bon.

Elédéanne : Mais fade… Il devait faire un régime sans sel parce que quand même, les hosties, côté culinaire…

Dalmasine : Sœur Elédéanne !

Elédéanne : Ben quoi ? Faut dire ce qui est… Mentir, c’est pour les pêcheurs et moi, je n’ai pas le pied marin. Je dis les choses comme elles sont.

Brunhilde : Alors dîtes-moi sincèrement… Je ne suis pas blanche ?

Elédéanne : Globalement, non. Une majorité de noir, je dirais…

Brunhilde : Je ne vous parle pas de ma tenue, sœur Elédéanne, mais de mon visage. Comment le trouvez-vous ?

Elédéanne : Ah… Correct… Je n’aurai pas autant rapproché les yeux, mais bon…

Brunhilde : Parce que je ne me sens pas bien…

Elédéanne : Il faut aller vous confesser en ce cas.

Brunhilde : Pour quelqu'un qui dit les choses comme elles sont, vous n’êtes pas d’un grand secours…

Dalmasine : Oui. Elle veut savoir si elle n’est pas malade… Montrez votre front… Non, vous n’avez pas de fièvre.

Brunhilde : Pourtant, je me sens fébrile. J’ai du attraper froid dans cette grande église… il fait plus froid qu’à Saint Baptismin, non ?

Elédéanne : Que voulez-vous qu’on vous dise, sœur Brunhilde ? Il fait froid dans toutes les églises, ce n’est pas nouveau ! La prochaine fois, si vous voulez, on prend la croix, on la taille en bûchettes, on fait un feu de camp devant l’autel et on mange le corps du Christ en brochettes ! En attendant, il ne faisait pas plus froid dans cette église que dans une autre et vous n’êtes pas plus malade qu’un cheval en bonne santé !

Dalmasine : Sœur Elédéanne !

Brunhilde : Ce que vous pouvez être mauvaise ! Vous me détestez !

Elédéanne : Pas du tout, mais ça va bien ! A la moindre écharde, il faudrait appeler le notaire pour que vous fassiez votre testament ! Une poussière dans l’œil et vous pensez être aveugle ! Vous toussez et hop ! On a une épidémie de peste qui envahit le pays ! Il ne faut pas exagérer, non plus !

Brunhilde : Le jour où vous me retrouverez morte, vous regretterez tout ce que vous avez dit !

Dalmasine : Mais bien sûr elle vous regrettera. Vous savez comment elle est… Directe, mais au fond, elle vous aime bien… N’est-ce pas, sœur Elédéanne ?

Elédéanne : Mmmm…

Dalmasine : Mais elle n’ose pas le dire… Sous ses airs bourrus, c’est une grande tendre qui ne veut pas que cela se sache… N’est-ce pas, sœur Elédéanne ?

Elédéanne : Oui, bon, on ne va pas en faire toute une épître…

Brunhilde : N’empêche que je maintiens : il y a dans cette église un courant d’air qu’il n’y a pas dans à Saint Baptismin. Je suis sûr d’être malade. Tenez, je vais éternuer…

Brunhilde grimace, cherche à se forcer à éternuer, mais rien ne vient. Elédéanne lève les yeux au ciel tantdis que Dalmasine reste attentive.

Brunhilde : Tiens, non…

Dalmasine : Ce n’est rien, ça viendra…

Elédéanne : C’est ça. Gardez votre éternuement pour quand vous ne savez pas quoi faire, ça vous occupera.

Dalmasine : Et si nous préparions la table pour le bilan de mère Adénaïse ? Cela lui ferait une surprise…

Elédéanne : Très bien ! Allez.

Brunhilde : J’éternue et j’arrive.

Elédéanne enlève le chandelier qui se trouve sur le coffre. Dalmasine l’ouvre, prend une nappe blanche et ferme le coffre.

Dalmasine : Sœur Brunhilde ?

Brunhilde : Ben non, décidément, ça ne vient pas…

Dalmasine : Pouvez-vous m’aider, sœur Brunhilde ?

Brunhilde : J’espère que je ne vais pas éternuer pendant que l’on met la nappe…

Elédéanne : On prend le risque, allez…

Brunhilde et Dalmasine installe la nappe, soigneusement, tirant chacune un côté pour que la nappe pende autant de chaque bord de table, l’une après l’autre. Comme cela ne semble pas prendre fin, Elédéanne les arrêtera à la quatrième, cinquième ou sixième fois.

Elédéanne : C’est bon : si ça dépasse de trop, on coupera aux ciseaux. Hop ! Cerise sur le gâteau, le chandelier sur la nappe.

Elles se reculent, heureuses, pour admirer communément le résultat.

Dalmasine : C’est beau… Tout de suite, ça fait plus festif…

Elédéanne : Peut-être trop, non ?

Brunhilde : Oui… Je ne sais pas si cela va plaire à mère Adénaïse…

Elédéanne : Ça fait présomptueux…

Dalmasine : Et si on enlevait le chandelier ?

Elédéanne : Je ne sais pas… La nappe, peut-être ?

Brunhilde : Je crois que la voilà… On va le savoir.

2.

Figolin entre avec un grand sourire.


Comme ce n'est pas agréable de lire des kilomètres de pages sur internet, vous pouvez télécharger les deux premiers actes en cliquant ICI

Date de création : 05/04/2007 ~ 20:42
Dernière modification : 15/11/2011 ~ 10:09
Catégorie : Ainsi soient-elles ?
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